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« Au commencement est le son » (conférence)

     « Au commencement est le son » [1] est le premier cycle de recherche entrepris par le laboratoire. Il souhaite mettre en évidence les similarités entre le théâtre et la danse indienne et les pratiques méditatives regroupées sous le terme de yoga-s. De nos jours, lorsqu’on s’intéresse aux danses classiques indiennes, de même qu’à toute autre pratique méditative, on réalise l’importance du medium du corps physique au cours du processus d’identification spirituelle.

     La danse, comme le yoga, implique la perte temporaire du corps profane et la création d’un autre corps, adapté aux conditions de la pratique ou de la représentation. Dans les yoga-s, les diagrammes symboliques réalisés à partir de la combinaison de cercles et de carrés (maṇḍala-s, cakra-s, yantra-s) aident l’esprit du méditant à visualiser un autre corps et générer une représentation géométrique de l’univers. Cette grille mentale est aussi présente dans l’esprit de l’interprète de classique, à ceci près qu’il n’intériorise pas uniquement ces représentations mais les manifeste sur scène en révélant les lignes invisibles de l’espace scénique dans le caractère géométrique de la danse.

     De même, certaines pièces qui composent le répertoire de Bharata-Nāṭyam (ālarippu, jatiswaram, thillāna) ne reposent que sur des séries de mouvements des pieds accompagnés de mouvements des mains mais qui ne conduisent pas encore la narration. Une fois en scène, le danseur exécute des rythmes complexes qui unissent ceux de la percussion (mṛdaṅgam) et des petites cymbales (naṭṭuvaṅgam) traditionnellement tenues par le guru et avec lesquelles il frappe le rythme et chante des syllabes rythmiques telles que like tha, thai, jim, thaka, etc.

     Ces pièces, comparées aux formes de méditation, permettent à l’interprète de fouiller dans un monde rythmique à l’intérieur duquel il cherche le soi (ātman). Danser participe de l’émergence du soi du danseur, celui grâce auquel il devient en harmonie parfaite avec le monde cosmique (brahman). L’artiste, en faisant apparaître un nouvel espace au dedans duquel il erre, découvre de nouveaux paysages emplis de sons et de formes.

 

[1] Le titre de la conférence se réfère à la syllabe Aum qui, dans l’hindouisme, représente le son primordial qui participe à la mise en mouvement de l’univers. Le mouvement de l’univers, incarné par la rotation des astres, a été perçu par les anciens comme une forme de danse.

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     « At the beginning, sound is » is the first cycle of research made by the laboratory. It aims to emphasize the existing similarities between Indian dances and yoga-s. In fact, the title of the conference refers to the syllable Aum which, in Hindu tradition, represents the primordial sound that brings the universe into motion. The entire movement of the universe, embodied by the rotation of the stars, has been grasped as the primordial dance form by the ancients.

     Nowadays, when we look at any Indian dance, as at any meditative form, we must notice how significant is the medium of the physical body during the spiritual identification process. Dance, like Yoga, supposes to forget the layman body and to create mentally a new one, attended by a new representation and shape.

     In yoga-s, symbolic diagrams made with combinations of squares and circles (maṇḍala-s, cakra-s, yantra-s) help the yogin’s own thought to generate and visualize the forms that will conduce him to a geometric representation of the universe. This mental grid is also present in the performer’s mind on stage, although he does not only internalize the maṇḍala structure, but also demonstrates it by revealing the invisible lines of the space.

     Likewise, some pieces of the Bharata-Nāṭyam repertoire (ālarippu, jatiswaram, thillāna) only require series of  footsteps patterns, ornamented with hands’ gestures. When on stage, the interpret follows complex rhythms that unite the percussion beats (mṛdaṅgam) and the cymbals (naṭṭuvaṅgam) traditionnally hold by his guru, who is also singing abstract syllables like tha, thai, jim, thaka, etc.

     Those pieces allow the performer to rummage into a rhythmic world where he tries to find his own self (ātman). The fact of dancing makes the self of the dancer emerge, and he becomes in a perfect in harmony with the cosmic world (brahman). The artist finally conjures a new space where he wanders and discovers a new landscape full of sounds and forms.

  2008  /  aesthetic, architecture, bharata-nāṭyam, conference, Geoffrey Planque, performing art, research  /  Last Updated août 3, 2017 by akṣalab  /