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apprendre une danse classique indienne (article)

     Apprendre l’une des danses classiques indiennes – Bharata-Nāṭyam, Kuchipudi, Odissi, Kathak, etc. – suppose autant de patience que de ténacité, de force mentale que de dévotion. De nombreuses années de pratique sont préalablement nécessaires avant d’être en mesure de connaître tous les codes et toutes les règles qui font de l’esthétique indienne une discipline très complexe.

     Au cours de son apprentissage, le disciple (śiṣya) se familiarise avec la musique, la technique du corps et le langage qui lui permettront de transmettre les moindres éléments d’une composition poétique et musicale. Dans sa forme, le Bharata-Nāṭyam hérite du Nāṭya-Sāstra de Bharata, le traité des arts performatifs qui sert de support à la danse, sans toutefois en être la copie conforme [1].

Le nom donné à la danse se décrypte aussi comme un acronyme révélant ses trois composantes :


bha- : bhava (les expressions et les émotions)
ra- : rāga (le mode musical)
ta- : tāla (le cycle rythmique)

     La grâce des mouvements et les poses sculpturales ont participé au renom du Bharata-Nāṭyam. Elles sont produites grâce aux unités de mouvements rythmiques, élémentaires (adavu-s) grâce auxquels les pieds des danseurs deviennent de véritables percussions [1]. La pratique du thai-ya-thai est un point de départ : ce sont de simples pas qui frappent les rythmes, ils donneront au disciple force et coordination. Puis, des mouvements plus complexes avec les mains sont progressivement ajoutés à la pratique.

     En développant les rythmes des pieds, les postures, la conscience de la géométrie, tous les membres du corps deviennent indépendants et consciemment dissociés, le tout devant être maîtrisé dans les trois vitesses.

     Le Bharata-Nāṭyam, le plus souvent, est une danse de soliste : l’artiste assume tout le protocole de représentation et endosse tous les rôles [3]. Au cours de sa performance, il utilise toutes les parties de son corps pour transmettre les éléments du récit à travers une succession de messages visuels (abhinaya) qui conduisent le sens de la composition musicale à l’audience. La gestuelle des mains (hasta-s) sert pour dépeindre toutes les situations, tous les personnages ou toutes les actions, tandis que les expressions du visage et des yeux traduisent les principales émotions contenues dans le poème chanté [4].

     L’art du Bharata-Nāṭyam reproduit également les récits illustrés sur les murs des temples et les bas-reliefs, et semblent faire de l’artiste une sculpture lui-même.
[1] Padma Subrahmanyam, Karaṇas: Common dance codes of India and Indonesia, 3 vols., Chennai: Nrithyodaya, 2003.
[2] Les adavu-s peuvent être apparentés aux karaṇa-s auxquels Bharata Muni se réfère dans son traité. Ce sont les cent huit positions qui composent le répertoire de Śiva lorsqu’il se produit à Chidambaram. De même, les nymphes célestes connues sous le nom d’Apsaras, décrites dans de nombreux textes et sculptées sur de nombreux temples, servent les dieux et pratiquent la version céleste de ce qui, sur terre, est le Bharata-Nāṭyam.
[3] Actuellement, les performances collectives de Bharata-Nāṭyam performances se sont emparées de la scène. Elles requièrent la présence de nombreux personnages et de nombreux interprètes. Ces spectacles incluent de nombreuses transitions de danse, chorégraphiées avec créativité, qui ponctuent la narration et magnifient la musique.
[4] LÉGERET, Katia, Manuel traditionnel du Bharata-nātyam, Paris, Geuthner, 1999.

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     Learning Indian classical dance (article)

     Learning any Indian classical dance is a very long process which needs patience, tenacity, strength and devotion. Many years of practice are generally required to reach a certain level; in other words, being able to embody the entire rules depending on the traditional dancing form makes the learning of classical dance very sinuous.

     The dance disciple (śiṣya) will have to learn the whole symbolic language and vocabulary before being able to translate any subtelty of the song, like the way to represent the characters, the expressions, etc. In its shape, Bharata-Nāṭyam inherits from Bharata’s Nāṭya-Sāstra even though the classical dance has undergone modifications since [1]. The chosen name of the South Indian classical dance is actually an acronym which combines three different aesthetic aspects :


bha- : bhava (expressions, emotions)
ra- : rāga (musical mode)
ta- : tāla (rhythmic cycle)

     The grace of the movements and the sculpturesque poses have made Bharata-Nāṭyam’s renown. They are due to the elementary units of movement (adavu-s) thanks to which the feet become percussions themselves [2]. As precise rhythms have to be learnt, the practice of simple steps is a starting point that will give strength and coordination to the body. Complex movements implicating the hands will be progressively added to the training.

     By developping the precise feet rhythms, the poses, the perfect geometric measure, all the limbs of the body become independant and consciously dissociated; everthing should be finally performed in the three speeds, perfectly in time with the music.

     Bharata-Nāṭyam traditionally implies solo performances: the artist assumes numerous characters by switching roles through the swift turn in circle; this way, he creates a story line that can be easily followed by the feat of one individual [3]. During a performance, the artist uses his entire body to transmit the story thanks to a succession of visual messages (abhinaya) that will conduce the sense of the song to the audience. The way of acting includes the hands’ gestures (hasta-s) to depict any situation, character or even action, while the face expressions and the eyes express the main emotion of the song section [4].

     Storytelling emanates from the heavens to the people of earth: those stories also appear on temples’ bas-reliefs and walls, as if the dance artist was a sculpture himself.

[1] Padma Subrahmanyam, Karaṇas: Common dance codes of India and Indonesia, 3 vols., Chennai: Nrithyodaya, 2003.
[2] Adavu-s could be compared to karaṇa-s that Bharata is referring to in his treatise. He draws up a list of one hundred and eight positions that have been taken by Siva when He was dancing in Chidambaram. In fact, the celestial dancers known as Apsaras, who are depicted in many scriptures and represented in many sculptures, are serving the gods and dancing the heavenly version of what is, on earth, known as  Bharata-Natyam.
[3] In more modern times, Bharata-Nāṭyam performances have taken stage as group performances involving dramatical performances that require many characters depicted by various dancers. In addition, these dance performances include numerous transitions and formations that are creatively choreographed to enhance the movements along with the music.
[4] LÉGERET, Katia, Manuel traditionnel du Bharata-nātyam, Paris, Geuthner, 1999.
 
  2009  /  bharata-nāṭyam, dance, performing art, practice  /  Last Updated juillet 28, 2015 by akṣalab  /